par Damzema
Dragon
Age 2.
Pour beaucoup de joueurs, le nom Bioware est synonyme de qualité. A juste titre car Bioware c’est Baldur’s Gate, Star Wars : Knight of the Old Republic,
Jade Empire, Mass Effect … et Dragon Age Origins. Quand ce dernier est sortit, il fit l’effet d’une petite bombe. Annoncé comme le fils spirituel de Baldur’s Gate, DAO a su prendre le risque de
bousculer les codes de cette génération de console en proposant un jeu hardcore, très long, pas extrêmement beau mais diablement efficace grâce à sa quête principale épique. Si il y est question
d’heroic fantasy basique avec humains, elfes et nains, le jeu se démarque en lorgnant du côté du Seigneur des Anneaux et en proposant un univers extrêmement travaillé ainsi qu’une galerie de
personnages des plus réussie. Encensé par la critique et par les joueurs, DAO a dépassé les 3 millions d’exemplaires vendus. C’est donc sans surprise que Bioware a annoncé rapidement un Dragon
Age 2 porteur de moult promesses. Nous somme beaucoup à avoir été frappé par la rapidité avec laquelle le jeu a été développé : à peine plus d’un an … ce qui est très court pour un RPG.
Confiant à l’égard de ses mythiques développeurs, beaucoup se sont pris à rêver d’un jeu plus beau, plus RPG avec toujours plus de contrées à explorer, toujours plus de personnages charismatiques
à rencontrer et surtout d’un scénario encore plus captivant. Mais même en étant Bioware, peut-on se permettre de rusher un jeu quitte à sacrifier de grosses composantes du premier
épisode ?
Le RPG pour les nuls
!
La première chose que l’on remarque en jouant à DA2 et qui déçoit ce sont les graphismes : si les personnages sont mieux modélisés, ils demeurent un peu
trop raides dans leurs animations mais ce sont surtout les décors qui piquent les yeux. Taillés à la serpe, dépourvus de tout effet de végétation (pas d’herbe au sol, pas de vent, arbres
ridicules et mal modélisés) et avec des textures assez pauvres, si le résultat est déjà indigne d’une PS360 et bien il est carrément honteux sur PC. Passé cette première déconvenue, il est temps
de faire le tutorial. Ce dernier est bien fait, permettant de s’habituer aux commandes, d’apprendre à donner ses ordres etc … et il permet de se rendre compte que les joutes sont devenues bien
plus nerveuses renforçant ainsi l’impression de vraiment voir des combats de groupes. Puis vient le moment crucial de la création de personnage et là, seconde déconvenue : il n’y a plus de
choix de race, il est obligatoire de jouer un humain. Simplification j’écrie ton nom ! Idem pour les classes, nous nous retrouvons avec un choix du pauvre entre le trio archi vu et revu du
guerrier, mage et voleur. Exit l’introduction différente suivant le choix de race et de classe de DAO. Une simplification qui malheureusement s’applique à beaucoup trop d’aspects du jeu. En
récoltant ses premiers items, on s’aperçoit avec stupeur que l’on ne peut changer que l’équipement du héro ! Alors évidemment vous pourrez équiper les autres membres du groupe avec l’arme de
votre choix mais leurs armures resteront non modifiables là ou celle du héro reste décomposée suivant le modèle tête, buste, bras, jambes. On sent que les développeurs ont voulu rendre le jeu
beaucoup plus accessible … LA mauvaise idée. Chose encore plus choquante : l’étroitesse des différentes aires de jeu décomposées en petite zones que l’on traverse en quelques minute, des
zones très linéaires qui ne laissent aucune place à l’exploration puisque pour se déplacer entre deux lieux éloignés la téléportation est obligatoire via une map. Et oui, finit le temps ou l’on
arpentait les routes avec la possibilité de flâner ou bon nous semble en prenant le risque de faire des rencontres inattendues ! Bioware affiche la couleur, le joueur noob ne pourra pas se
perdre dans DA2 tout comme il ne perdra pas quelques heures pour atteindre sa prochaine destination. Heureusement au milieu de toute cette déferlante de casualisation du RPG subsiste l’évolution
des personnages qui, elle, permet beaucoup de choix. Premièrement dans les attributs qui sont décomposés suivant les normes ancestrales du genre, à savoir la force, la dextérité, la magie etc. Et
deuxièmement dans les compétences qui sont à choisir parmi un large choix d’arbres différents suivant les personnages. Libre à vous de faire un guerrier basé sur les dégâts au corps à corps ou
sur la protection, un mage qui pourra booster le groupe et le soigner ou qui pourra faire de gros dégâts de zone sur les adversaires … Bref de ce côté rien à dire, on arrive exactement à faire ce
que l’on veut ce qui permet d’avoir des équipes très équilibrées. Malheureusement avoir une team bien construite n’est pas primordial dans DA2, le challenge n’étant pas très important. La
difficulté casual est strictement inutile puisque il suffit de bourriner du début à la fin pour finir le jeu, le mode normal n’est pas beaucoup mieux et seul quelques boss vous donneront des
sueurs froides. Non il faut taper dans le mode difficile pour trouver un challenge digne de ce nom et encore … il n’y a par exemple pas de friendly fire (une option qui donne du réalisme, par
exemple si vous lancer des boules de feu et que vos équipiers sont trop proches de vos cibles ils seront brulés aussi), ce dernier est disponible uniquement dans le mode le plus élevé. Un mode de
difficulté frustrant car le système d’ordre et de ciblage connait quelques ratés : perte du lock sur l’adversaire au moindre coup encaissé qui oblige à réattribuer sans cesse les cibles et
bug dans les enchainements d’actions (par exemple demander à son voleur de backstaber le mage adverse puis après d’aveugler les guerriers donnera souvent un backstab et un aveuglement sur le mage
alors que l’on avait ciblé les guerriers) qui provoqueront souvent votre défaite sur une petite erreur. Frustrant !
Combats simplifiés, système d’ordre imparfait, personnalisation limitée, aires de jeu réduites, exploration amputée, difficulté revue à la baisse … On comprend
vite que l’on est face à une sorte de Dragon Age pour les nuls.
L’âge de la
déception.
Oui DA2 est décevant, il l’est de par sa simplification à outrance mais aussi sur bien d’autres aspects qui sont pourtant très importants pour ce genre de jeu.
En premier lieu, et ce sera sans doute la plus grande déception des fans, le scénario (habituel point fort de Bioware) est très moyen. Il peine à captiver, contient trop de longueur, il manque de
rythme. A chaque fois, on s’attend à ce que l’aventure s’emballe, on sent quelques frémissements dans les enjeux et puis le soufflet retombe … et cela pendant les 3 actes qui composent la trame
principale. La narration défaillante y est d’ailleurs pour quelque chose : par moment le scénario effectue des bonds dans le temps en avançant brusquement de quelques années hors l’effet est
très mal rendu. Résultat ? Entre les 6 années qui séparent le début et la fin du jeu, on a l’impression qu’il s’est juste écoulé quelques jours. De plus l’univers ne subit aucune évolution,
on aurait aimé quelque chose d’aussi changeant que dans la saga Fable de Molyneux.
La faute revient aussi
aux quêtes très mal conçues dont 80% (toutes les quêtes secondaires) sont tout simplement dénuées d’intérêt et typées MMO : « Vas tuer le méchant là-bas », « va me chercher
une corne de dragon dans une caverne infestées d’ennemies », celles concernant la trame principales étant au final peu nombreuses c’est regrettable (comptez une grosse vingtaine d’heures en
rushant et entre 30 et 35 heures en faisant les quêtes annexes). Inutile d’espérer des quêtes aussi bien écrites et importantes que dans un The Witcher ou un Divinity II. Ici ce sera monster
bashing répétitif point. Heureusement il reste celles des compagnons qui, elles, présentent déjà plus d’intérêt. Chacun de vos compagnons réagit positivement ou négativement (certains peuvent
même vous quitter) à vos actions et leurs quêtes permettent de renforcer les liens, d’en apprendre plus sur eux mais aussi de tenter des romances. Ces dernières restent gadget car très facile à
provoquer mais elles ont le mérite de pimenter un peu cette aventure au final un peu trop morne (il est bon de noter que DA2 voit large de ce côté-là, relations homosexuelles et entre différentes
races sont possibles).
Concernant les
compagnons, il y a du bon et du moins bon. Une bonne moitié d’entre eux sont peu charismatiques et très clichés (votre sœur totalement nunuche, le nain toujours au bar pour boire, l’elfe en quête
de vengeance qui reste cloitré dans son antre habillé en noir …) mais heureusement certains sont très réussis : Isabella la femme pirate grande gueule et croqueuse d’homme qui se révèlera
plus fragile et sensible qu’elle en a l’air, Merril la mage elfe timide qui cherche sa place dans le monde ou encore Anders le mage possédé par un puissant démon avec lequel il doit constamment
luter. Il en résulte d’ailleurs souvent des conversations jouissives et hilarantes entre les membres du groupe avec par exemple Isabella faisant d’énormes allusions sexuelles qui choquent la sœur
du héro et que Merill comprend de travers … une petite éclaircie au milieu d’une histoire qui manque de saveur.
Autre chose totalement
révoltante : la map de DA2. La ville de Kirkwall vous servira de hub du début à la fin, aucune autre ville à l’horizon et à peine 3 ou 4 zones hors de la ville à visiter. Un village plus
qu’une ville car divisé en quelques petites zones que l’on traverse en 1 ou 2 minutes, dépourvues de bâtiments à explorer (hormis la taverne et les appartements de vos compagnons). Une ville bien
petite et qui parait bien trop moyennement peuplée ce qui est dommage car l’architecture de cette dernière est assez réussie. Pour ce qui est des zones hors de Kirkwall, vous aurez droit à des
aires toujours aussi petites mais aussi exceptionnellement moches avec des décors déserts et une végétation et une faune inexistantes. La palme revenant aux donjons recyclés ad nauseam :
c’est simple vous allez vous taper certains d’entre eux plus d’une dizaine de fois ! Des donjons aussi minuscules que laids.
Reste la bande son qui
s’en sort pas mal sans être exceptionnelle (le compositeur a déclaré avoir travaillé dans l’urgence …) mais qui est gâchée par une VF foireuse avec des textes bien trop récités pour que l’on y
croit, la version anglaise s’en sort beaucoup mieux.
La nostalgie des
Origins.
Une fois le jeu terminé et la fin très décevante visionnée, on reste dubitatif … Qu’est-ce que Bioware a voulu faire ? J’avoue ne pas avoir trouvé la
réponse. Pourquoi avoir simplifié 90% du jeu à l’extrême ? Ce Dragon Age 2 ressemble à un RPG non terminé : amputé de toute phase d’exploration et de découverte, il s’apparente à une
succession de combats répétitifs entrecoupés de cinématiques faisant avancer l’histoire. Une histoire qui n’arrive pas à la cheville de Dragon Age Origins ! Mais ou est passé le souffle
épique ? Les quêtes bien construites à choix multiples ? C’est simple, on a l’impression que DA2 n’est qu’une intro qui se termine au moment ou le scénario décolle enfin. Il y a
d’ailleurs fort à parier que Bioware ait l’intention d’inonder les joueurs de multiples DLC. Et je ne dis pas ça pour être mauvaise langue puisqu'une fois le jeu finit vous vous retrouvez dans
votre maison et l’on vous conseille de sauvegarder afin de pouvoir continuer l’aventure dans de prochains contenus téléchargeables … La fin vite expédiée serait-elle en fait un faux « à
suivre » destiné à autoriser l’ajout de DLC pour avoir droit à une vraie fin ? Le doute est permis. Du RPG un peu oldschool, fourmillant de possibilité, au scénario passionnant, à
l’univers extrêmement riche et à la durée de vie gargantuesque qu’était Dragon Age Origins on se retrouve avec un Dragon Age 2 bien trop simpliste, doté d’un scénario moyen, d’une narration
défaillante, de quêtes annexes insipides et d’un gameplay bien moins pointu que son prédécesseur. Ou quand un des RPG les plus réussis de cette génération devient un hack’n’slash bourrin et
manquant de charisme … Si il fallait résumer Dragon Age 2 en un mot, ce serait le suivant : déception.
Les + :
_ L’univers Dragon
Age,
_ Les relations entre les
personnages parfois savoureuses,
_ Des combats plus
dynamiques,
_ Les possibilités
d'évolution des personnages,
_ Bonne durée de
vie.
Les - :
_ Scénario très moyen qui
peine à décoller,
_ Une narration
défaillante,
_ Des combats plus
bourrins,
_ Beaucoup moins de
challenge,
_ 80 % de quêtes
inintéressante typée MMO,
_ Disparition des
différentes races pour la création de perso,
_ Equipement des
coéquipiers non personnalisable,
_ Une IA défaillante et
un système d’ordre imparfait,
_ Une fin
décevante.
Note
:
4/10.
Config utilisée pour le test
:
_ Win 7 32
_ Radeon HD 5850 1 Go
_ Intel Core 2 Quad Q9650
_ 4 Go DDR2
*********************************************************************************
Flemeth nouvelle version : MILF ou pas ?
*********************************************************************************
Admirez ... la pauvreté des décors et encore là c'est un de mes plus beaux screenshots !
*********************************************************************************
*********************************************************************************
Une femme avec une fem... euh une elfe !
*********************************************************************************
Les combats ... ou 90% du jeu ...
*********************************************************************************